Signs of the Times, la nouvelle exposition du Carré Sainte-Anne débute demain jusqu'au 5 mai. Tel un journal télévisé, ce manifeste de notre époque à travers le regard de huit artistes européens se veut donc violent et sombre. Un endroit parfait pour y cacher la beauté.

Signs of The Times : L'art contemporain comme baromètre de notre époque

Richard Leydier avait cette exposition dans la tête depuis longtemps. Sans doute parce qu'il voit le monde comme les artistes qu'il a sélectionné. Avec sa violence, sa brutalité et le choc que cela procure. "Quand on se balade dans l'exposition on a l'impression d'une même famille d'artistes. Il y a en commun un partage philosophique et formel. Et un certain attachement à la forme et à la beauté."

De la beauté. Car c'est bien cela qu'il faut voir/trouver dans les oeuvres. Dans les détails de l'excellente série Larm im Immer-Berzirk de Bernarhd Martin par exemple. Où en six acryliques l'artiste allemand explore dans la modernité les sept pêchés capitaux avec une inspiration houellebecquienne. On la trouvera -comme une grosse bouffée d'oxygène- sans doute grâce à la couleur apportée par les toiles de Thomas Helbig. Dans les installations de John Isaacs dont son monolithe noir brillant (Give birth to your own god and bury your own demons) trônant au centre de la nef. De face (référence au 2001 de Stanley Kubrick) notre désir de créer notre propre dieu. De l'autre côté, un bar richement garni, représentant nos démons.

Sans être exigeantes pour le visiteur, les oeuvres vont néanmoins demandées un travail de réflexion et de décryptage. L'art comme un moyen de réflexion sur notre monde. L'art pour donner une vision à notre réalité. A l'image des tableaux de Ronald Ophuis qui "peint pour donner une image à des événements qui n'en n'ont pas."

Parmi ces huit artistes, ayant émergé dans les années 90, la plupart n'a jamais été exposé en France. Et de nombreuses oeuvres ont été réalisées spécialement pour le Carré Sainte-Anne. "Ces artistes trouvent de petites choses formelles qui vont créer des effets physiques sur le spectateur." explique Richard Lydier comme pour atténuer le pessimisme dégagé. Pessimisme signe de notre temps.

Signs of the Times à voir au Carré Sainte-Anne jusqu'au 5 mai, gratuit.