Poussière de brousse, une expo sur la ruralité africaine

 

« Je suis parti en Afrique à vingt-quatre ans, je vais la quitter à soixante-huit ans. J’ai essentiellement contribué à résoudre des tragédies humanitaires dans les campagnes. J’ai eu la passion de travailler à la sécurité alimentaire, à la réduction de la pauvreté et à la conservation des ressources naturelles. Voilà pourquoi je vibre pour ce continent. Je souhaite témoigner de la vie simple et difficile des petits dans l’équilibre de leurs communautés, et de la nature extraordinaire dans laquelle ils vivent. »

Alain Angé


Cette nouvelle exposition d’Alain Angé, ingénieur-agronome qui a parcouru l’Afrique plus d’une quarantaine d’années, fait référence à la vie des ruraux. Poussière de brousse nous conte l’Afrique préservée : les gens, la nature et ses immenses baobabs, la faune. Les oiseaux occupent une place importante, ils sont les premières victimes des profondes mutations du continent. A la Maison pour Tous Michel Colucci, nous entrons dans des villages africains perdus dans la savane. Le voyage peut commencer…

L’exposition Poussière de brousse est consacrée aux ruraux vivant pauvrement dans un écosystème respecté depuis des millénaires.


En saison sèche

En Afrique, deux grands types de saisons se succèdent : la saison des pluies est modérément chaude ; la saison sèche est plus propice aux mouvements des hommes et des animaux. Alain Angé relate de façon passionnante les rythmes de l’Afrique, ses évocations sont déjà des tableaux : « L’arrivée des pluies est une période extraordinaire de réveil de la nature et d’activités humaines. Quand la saison des pluies est avancée, le promeneur à pied ne voit plus rien car les herbes sont en général plus grandes qu’un homme. On se retrouve dans des sentiers ouverts. Les habitants disparaissent dans la végétation. Je dessine quand on voit, c’est-à-dire en saison sèche. La tension sur les disponibilités en eau et en nourriture que crée cette saison génère de l’expression chez les humains et les animaux. »


Les couleurs de l’Afrique

Alain Angé nous offre des couleurs douces dans les tons pastel qui s’accordent à la saison sèche : l’ocre-rose, le gris-jaune de la terre ou des poteries, le bleu pâle teinté par la lumière qui émerge de la poussière, les jaunes de la végétation qui sèche quand les pluies cessent... Dans ces paysages, imaginons les couleurs vives des Africains, les tissus de leurs vêtements, les marchés ou les habitats. Les animaux sont représentés tout en sobriété avec de l’encre noire ou par une palette de rouges, jaunes, verts... A l’étage de la Maison pour Tous, vous découvrirez une « volière » composée de peintures sous verre ; dans ce coin d’Afrique, des oiseaux tropicaux aux coloris extraordinaires volent, pêchent…


Une promenade africaine

Nature aride, faune et portraits de ruraux semblent s’incarner. Au bout d’un couloir, le dessin d’un âne aux grands yeux tristes et passifs peut émouvoir. Alain Angé explique que les ânes sont moins entravés qu’au Maghreb. Ils circulent librement autour des villages et rentrent le soir mais « en ville, ils sont aussi misérables que partout ailleurs, battus et mal nourris… ». Un pan de mur présente des arbres, nous pouvons contempler les baobabs emblématiques de l’Afrique traditionnelle, Alain Angé les appelle de façon amicale les « géants formidables ». La promenade continue. Un tableau nous mène face à une piste bordée par un grand arbre qui aboutit dans un village, c’est la période des récoltes, des enfants courent… A l’étage de la Maison pour Tous, face à la « volière », une scène de marché apparaît avec de grandes jarres en terre cuite. A l’arrière, on peut voir des tressages de grandes pailles qui servent de cloisons.


La disparition d’un monde rural

L’exposition Poussière de brousse rappelle l’importance de la gestion traditionnelle des territoires ruraux qui conservait la biodiversité. Le respect de la nature nourricière permettait à l’homme de vivre en harmonie avec la faune et la flore. Alain Angé en tant qu’ingénieur-agronome expérimenté a pu constater les dérives environnementales qui se sont accélérées ces dernières décennies : « Avec la progression des populations, les feux ne sont plus gérés comme avant. Les feux tardifs brûlent les grands arbres et génèrent la désertification. » Ces transformations infligées à la nature provoquent la disparition des espaces naturels, la végétation s’appauvrit, les arbres sont coupés ; c’est une perte irrémédiable pour les ruraux et les animaux. Les oiseaux particulièrement vulnérables subissent ces changements, nombre d’espèces ont disparu.


Poussière de brousse est un hommage à la vie rurale africaine et aux richesses de la biodiversité. Cette exposition-voyage est à découvrir jusqu’au 12 juin 2015.

Fatma Alilate


Poussière de brousse – Alain Angé

Maison pour Tous Michel Colucci

205 rue du Cheng Du

34 070 Montpellier

Tél. : 04 67 42 52 85

TAM Bus 11 ou La Ronde : arrêt Rouget de Lisle

Jusqu’au vendredi 12 juin 2015. Ouvert du lundi au jeudi de 9h00 à 12h30 et de 14h00 à 19h00 ; le vendredi de 9h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00.

Entrée libre.


Vernissage de l’exposition : le samedi 6 juin à 18 heures.


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Montpellier : Safari, une expo voyage en Afrique

http://www.toutmontpellier.fr/montpellier-safari-une-expo-voyage-en-afrique--111467.html

Safari, l’exposition continue son voyage

http://www.toutmontpellier.fr/safari-lexposition-continue-son-voyage--125443.html