Pour la deuxième année consécutive, le salon "Partir à l'étranger" s'est tenu hier après-midi à l'Espace Montpellier Jeunesse. Une précieuse journée d'information pour les jeunes souhaitant s'expatrier.

Deuxième édition du forum

  Partir à l'étranger cela fait rêver et « on a souvent un peu la tête dans les étoiles ». Ainsi, pour aider les jeunes de 15 à 29 ans souhaitant s'expatrier, une dizaine d'organismes se sont rassemblés à l'Espace Montpellier Jeunesse hier après-midi. Sur les stands les visiteurs pouvaient se renseigner, s'inscrire et surtout demander si leur projet est réalisable car « bien que ce ne soit pas difficile de partir, il faut d'abord que le jeune prépare sa tête » selon le représentant de Concordia. 

Avantage aux écoles de commerce
Malgré l'engouement des jeunes pour l'expatriation, leur mobilité internationale demeure faible en France. D'après une étude de l'Union Européenne pour l'année 2010, seulement 2 % des français âgés de 15 à 29 ans ont bénéficié d'un dispositif pour partir à l'étranger. Ce chiffre relève aussi d'énormes disparités : 82 % des étudiants en école de commerce sont partis et 70 % trouvent un emploi dès la sortie de leur cursus. Pour les étudiants en université, ils ne sont qu'un tiers à s'être expatrié et 63 % éprouvent des difficultés à trouver un emploi après leurs études.

Un atout sur le CV
Pour remédier à ces inégalités, les membres de l'association Boardingates viennent une fois par mois à l'Espace Montpellier Jeunesse. « Nous essayons de les convaincre de partir, pour améliorer la langue, s'enrichir culturellement et leur faire comprendre que cela facilite leur insertion dans le monde du travail» explique Estelle Couderc, présidente de Boardingates.

Le taux est bien sur plus élevé pour les 25-29 ans du fait de la dureté du marché du travail, alors que « c'est dès le lycée qu'il faut partir » selon Estelle Couderc. « J'ai des amis allemands qui sont partis a l'âge de 15 ans. On leur dit tu vas faire une année par ci, une autre par là. Et ils sont tous polyglottes ! » rajoute-elle. En effet, selon l'étude européenne, ce sont les jeunes d'outre-Rhin qui partent le plus souvent à l'étranger.

Paul, étudiant de 20 ans en architecture, s'intéresse au Québec et espère finir sa formation a l'étranger : « Pourquoi pas en stage. Je suis ouvert a tout tant que je voyage et que je rencontre des gens ». Surtout, partir à l'étranger demeure plus facile avec des organismes qu'en Erasmus « car c'est sur dossier. Quand j'étais à la fac, seulement 20 personnes étaient prises sur 200 demandes » justifie-t-il.

Les jeunes bloqués par le coût
Pourquoi si peu de jeunes français tente le séjour à l'étranger ? Avant tout pour des raisons financières : « Pour partir à Miami, ça coute 3 000 euros rien que pour le voyage » selon Manon et Justine. Ces deux lycéennes de 16 ans en section internationale au lycée Joffre partent régulièrement en Espagne depuis l'âge de 12 ans. Elles souhaitent par ailleurs revivre de telles expériences: « C'était génial, nous étions complétement immergées. Pour nous c'est une deuxième vie et on rentre bilingue. Cet été, nous mettons de l'argent de coté pour partir à Los Angeles ».

Foued, 20 ans, étudiant en BTS commerce international, vient « pour avoir un maximum d'information. Je suis là pour savoir si je peux trouver du travail dans ma branche dans un pays anglophone et revenir avec un CV en béton » avant d'ajouter que « dans mon entourage, nous sommes beaucoup à vouloir partir. Ce qui bloque souvent c'est le coût financier ».

Petite déception pour les organisateurs, le public était surtout étudiant alors qu'ils souhaitaient rencontrer d'avantage de lycéens. Nous ne sommes pas prêts de rejoindre les allemands !


Pour plus d'informations :

Le salon "Partir à l'étranger" a commencé par l'enregistrement d'une émission qui sera diffusée sur Radio Aviva le 27 février où les représentants de chaque organisme ont présenté leurs services.