Montpellier : Y Olé ! par José Montalvo à l’Opéra Berlioz – Le Corum


« Toutes mes pièces sont des plaidoyers pour une esthétique et une éthique métisses où j’essaie de donner à voir un « corps de ballet » qui n’est pas celui d’un groupe lié par une même technique. »

José Montalvo



Y Olé ! se présente comme un diptyque chorégraphique. La première partie du spectacle est construite sur la musique du Sacre du printemps (1913) d’Igor Stravinsky (1882-1971). José Montalvo invite à une fête printanière, à la naissance de la beauté par la danse et la musique. La seconde partie est un hommage plus marqué au métissage de la société et aux chants entendus pendant son enfance : les rythmes de flamenco donnent le tempo. Le chorégraphe a vécu près de Carcassonne, il est resté attaché à son milieu populaire. Y Olé ! représente un trait d’union entre ses origines et la culture artistique, deux domaines essentiels à son inspiration et à son parcours.


Un spectacle complet

José Montalvo se nourrit des fêtes flamencas de son enfance, de ce qui faisait son insouciance, et de l’Art. Le Sacre du printemps l'a toujours fasciné, en raison de la sensualité sonore et de l'invention rythmique : « Je propose une lecture personnelle de cette œuvre musicale maîtresse à travers une écriture chorégraphique métisse, plurielle. C’est-à-dire une écriture qui accueille dans son organisation interne une grande variété de techniques de danse. Contrairement au vieux mythe païen, j’aimerais créer une fête printanière, une célébration exubérante de la vie. ». Les chants traditionnels (espagnols, algériens…), mais aussi les grands succès anglais de sa génération, et les rythmes de flamenco deviennent des tableaux qui évoquent les souvenirs du chorégraphe. L’artiste se souvient de la joie, du merveilleux, des rencontres, et des fêtes : il offre un spectacle artistique complet, né de l’enfance, et qui rassemble.


Un retour aux sources

José Montalvo dédie Y Olé ! à ses parents : « Comme beaucoup de réfugiés politiques, ils étaient très démunis. Mais malgré la pauvreté, tous les prétextes leur étaient bons pour organiser des fêtes flamencas amicales. Chacun à sa manière y devenait le virtuose d’un instant. J’ai eu la chance, enfant, de prendre part à ces moments heureux, sauvés comme par enchantement de la misère, des déchirements, des destructions, des arrachements, de la folie du monde. Des moments intenses, de pure gratuité, de pur bonheur, portés par la danse. » Ces années sont fondatrices de la sensibilité esthétique de José Montalvo. Par Y Olé !, le chorégraphe a souhaité relier des chansons populaires à un chef-d’œuvre reconnu de Stravinsky. Sur scène, le chorégraphe invite au partage, comme pendant l’enfance, il y a des danseurs-chanteurs d’Andalousie et des danseurs contemporains inspirés par le hip-hop, la danse africaine...


Y Olé ! permet à José Montalvo de rendre hommage à ses parents, sa famille, ses amis, les gens qu’il a côtoyés et avec qui il connaissait des moments festifs. Par cette mise à nu, José Montalvo se révèle attachant et généreux, il donne à voir des rencontres artistiques et montre son ouverture au monde et aux autres. Cette pièce est une œuvre intime qui révèle l’attachement du chorégraphe à son milieu d’origine qui comme la culture lui a beaucoup appris : sons, danses, parents, amis et l’art, voilà Y Olé ! A son tour, il transmet au public et à ses danseurs.

Fatma Alilate

Y OLÉ !

Opéra Berlioz – Le Corum, Montpellier

José Montalvo, Chorégraphie, scénographie et conception vidéo

Durée 1h05

Mercredi 22 février et jeudi 23 février 2017 à 20 heures

Tarifs : 10 € à 35 €

Réservation : 0 800 600 740

www.montpellierdanse.com