Bertrand Cantat revient en force avec son nouveau groupe Détroit. En tournée depuis avril, chaque date affiche quasiment complète, un retour sur scène qui semble donc réussi. Ce vendredi 7 Novembre, c'est à votre tour fans montpellierains de (re)découvrir cet artiste sur scène au Zénith

Montpellier : Le nouveau groupe de Bertrand Cantat s'offre le Zénith de Montpellier

Et les fans ne seront pas désorientés, la musique de Détroit reste dans le même esprit que celle de Noir Désir. Il reprend même certains des morceaux de son ancien groupe sur scène. Puis, c'est avec émotion que le public découvre ses nouveaux textes personnels et sombres, des nouvelles chansons exprimant les souffrances du passé. Des textes toujours bruts mais justes.

Rien n'est laissé au hasard, tout fait sens jusqu'au nom du groupe. Bertrand Cantat nous explique qu'un détroit n’est jamais anodin. C’est un élément d’équilibre. Une ponctuation dans le paysage. Un trait d’union entre deux immensités. C’est là où s’unissent les courants. C’est là où se rencontrent les flux venus de loin, là où tous les horizons mêlent leurs reflets. C’est là aussi où les voyageurs, les astres et les embruns croisent leurs destinées. Ce détroit se situe à la croisée des destins de deux musiciens : Bertrand Cantat et Pascal Humbert.

Mais il n'est pas leur premier point de rencontre. En 1997, Pascal Humbert et le groupe Sixteen Horsepower avaient invité Bertrand Cantat sur leur album Low Estate pour revisiter deux titres : Fire Spirit de Gun Club et The Partisan de Léonard Cohen. Et puis, en 2011, leurs routes se sont de nouveau croisées lorsque l’écrivain et metteur en scène Wajdi Mouawad leur demande de composer et interpréter sur scène la musique de la trilogie Le cycle des femmes, trois histoires de Sophocle. . Les deux hommes décident alors de ne pas en rester là et de mettre en commun leurs bagages. Et le résultat vaut le détour.

Bertrand Cantat et Pascal Humbert explorent ainsi ensemble des terres – notre terre - aux odeurs de souffre. Une terre où muses, anges de désolation et errants se croisent sur des chemins de terre, dans des jardins enfouis, des espaces clos … toujours sous un soleil que l’on fixe droit du regard. La tonalité musicale se veut rock, dense, grave … ponctuée d’échos chamaniques et de résonnance féminines. La poésie de Bertrand Cantat qui croise ici et là les mots d’Olia Ougrik, de Wajdi Mouawad et de Claude Faber, tisse ses fils entre tous ce que nous appelons de coutume, la peau, le souffle ou encore l’éclat d’une ligne d’Horizon (titre de l'album). Bertrand Cantat et Pascal Humbert ont choisi de donner rendez-vous là où les eaux ne séparent pas. Mais tout au contraire, là où elles se relient. On appelle ça un Détroit. Un rendez-vous à ne donc pas manquer.