Montpellier : « Le Menteur » de Corneille au Domaine d’O !

Une pièce de Corneille sur le mensonge, une comédie sur un jeune homme prêt à tout pour obtenir le cœur de Clarice, un imbroglio inextricable, un comique virtuose, des tromperies extravagantes… Tous les ingrédients sont réunis pour un spectacle pétillant. Un théâtre de tréteaux dans une ambiance jazz, des costumes contemporains du dernier chic parisien, des effets lumineux en guise de décor… Le rideau peut se lever, le double jeu peut commencer ! Les tromperies deviennent tellement nombreuses et complexes qu’elles contrarient celui qui les provoque. Il est alors désemparé, dénudé, presque sincère. Finalement la morale de l’histoire n’est pas qu’il ne faut pas mentir, mais que si l’on ment, il faut le faire bien !


Le Menteur est une comédie bâtie sur un imbroglio. Dorante, nouveau venu à Paris, est aux Tuileries en compagnie de Cliton, son valet et son confident. Il s’éprend d’une jeune fille qui s’appelle Clarice mais qu’il croit s’appeler Lucrèce. Aussi, quand son père le presse d’épouser une Clarice qu’il croit ne pas connaître, invente-t-il une cascade de mensonges, commençant par prétendre qu’il s’est déjà marié en province pour une question d’honneur. Tout se complique lorsque Clarice a l’idée de demander à son amie Lucrèce de donner un rendez-vous à Dorante en lui faisant croire qu’elle s’appelle Clarice, afin de pouvoir mieux l’observer...


Pierre Corneille, grand auteur du théâtre classique

Né en 1606 à Rouen, Pierre Corneille suit la formation des Jésuites. Elève brillant, primé en rhétorique et vers latins, il s’initie à la tragédie et prête serment comme avocat à dix-huit ans. Corneille va s’imposer à la scène en seulement sept ans, par le biais de la comédie. Le succès immédiat des cinq pièces révélatrices de son talent (Mélite, La Veuve, La Galerie du Palais, La Suivante et La Place Royale) tient à l’audace du jeune auteur, à une indépendance et une attention aux souhaits du public qui ne se démentiront jamais. En 1636, L’Illusion comique puis Le Cid assurent sa gloire, ouvrant aussi la fameuse « Querelle » qui marquera l’histoire du théâtre. S’il écrit principalement des tragédies (Rodogune, Nicomède, La Mort de Pompée…), il se penche aussi sur deux comédies à l’espagnole dont Le Menteur (1643) à l’affiche du Théâtre Jean-Claude Carrière au Domaine d’O.


L’art du mensonge…

Mentir impunément et avec crédibilité, n’est-ce pas ce que l’on attend d’un acteur ? Corneille se délecte du mensonge en ce qu’il dit du théâtre et surtout de l’acteur. Mais cette pièce, au-delà du comique virtuose des mensonges extravagants de Dorante, ne nous livre-elle pas une réflexion sur la vérité ? Les figures dupées par Dorante jouent-elles un jeu totalement limpide ? Clarisse laisse croire Alcippe en son amour, Alcippe tarde à s’engager auprès de Clarisse, Géronte suit ses intérêts et non ceux des jeunes gens en organisant un mariage arrangé, Lucrèce est troublée par l’amant de son amie. Et Dorante ne suit-il pas un autre plan de « sa vérité » en leur jouant ce qu’ils veulent entendre pour pouvoir vivre son amour ? Mentir ici consiste à cacher, mais quand ce mensonge est percé, apparaît alors l’intimité des personnages. Intimité qui, accordée au alexandrins raffinés de Corneille, nous offre un arrière-plan subtil à cette comédie enjouée, irrésistible.


Note d’intention par Julien Gauthier

Sans être des créations collectives, les projets du Théâtre en Pierres Dorées sont menés par des acteurs qui collaborent, notion qui nous importe car rien n’est plus agréable et porteur qu’un groupe de personnes qui inventent ensemble, oubliant l’autorité au profit de la responsabilité et de la volonté de servir le propos de la pièce, de l’auteur. (…) Pour l’espace scénique : un tréteau sur lequel est posé un petit cadre qui permet d’entrer et sortir. Les costumes seront contemporains, « chic parisien », pour retrouver l’idée de la Place Royale : la place des Vosges de Paris. La lumière, qui sera légère, très simple avec quelques éléments commandés par les acteurs directement des loges apparentes, sur les côtés du tréteau. La recherche portera sur l’association d’une imagerie du XVIIe siècle et d’une représentation contemporaine. Un travail langagier portera sur le respect des alexandrins, de la rythmique du texte, l’accentuation, l’organisation des syntagmes pour une partition musicale qui n’oublie pas de produire des images dans les oreilles des spectateurs.


Le Menteur de Pierre Corneille

Théâtre Jean-Claude Carrière – Domaine d’Ô – Montpellier

Entrée nord Tram L. 1 – Arrêt Malbosc

Compagnie Théâtre en Pierres dorées

Mise en scène Julien Gauthier ; Assistant artistique Clément Carabédian ; Création lumière Rémi El Mahmoud ; Scénographie Jessica Chauffert et Julien Gauthier ; Costumes choisis chez Agnès B. avec la participation de Laura Garnier ; Création sonore Pierre-Alain Vernette

Avec : Géronte - Damien Gouy ;Dorante - Julien Gauthier ; Alcippe - Clément Carabédian ; Philiste - Julien Tiphaine ; Clarice - Amandine Blanquart ; Lucrèce - Rafaèle Huou ; Isabelle - Laurence Besson ; Cliton - Clément Morinière ; Sabine - Juliette Rizoud

Durée : 1h45 – A partir de 13 ans

Mardi 6 et mercredi 7 mars à 20 heures

Tarifs : 20 €, 16 €, 12 €

Réservation - Billetterie : 0 800 200 165

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