Montpellier : « La Nuit des taupes » de Philippe Quesne à hTh

 

Philippe Quesne, plasticien et longtemps scénographe avant de signer son premier spectacle, traque le merveilleux, le minuscule, pousse à l’extrême les expériences du quotidien et les relations entre l’homme et la nature. Il travaille sur de petites communautés qu’il regarde au microscope, comme les insectes qu’il collectionnait dans son enfance. Dans son œuvre, la scénographie est envisagée comme un écosystème dans lequel il plonge ses acteurs.


Welcome to Caveland !

Il était sept taupes qui, alors qu’elles creusaient leurs galeries, ont débarqué dans une cage de scène. Sept taupes qui, soudain, vivent, mangent, dorment, meurent, travaillent, donnent naissance, copulent, s’amusent et s’improvisent groupe de rock sous les yeux des spectateurs du hTh. Sept taupes qui vivent ensemble – une utopie pour cet animal réputé farouchement solitaire ! La Nuit des taupes invite ses spectateurs à s’engouffrer dans un monde parallèle, un monde sans paroles et sans humains, qui se conquiert à coups de griffes et de pioche, un monde électrique traversé par une musique underground, celle qui se répète dans les caves et les sous-sols. Dans ce spectacle à l’énergie sourde et explosive, Philippe Quesne déserte la fable pour se concentrer sur les éléments qui sont au cœur de son travail : les matériaux, la construction de l’espace, les bains lumineux dans lesquels il trempe ses personnages et la puissance de la musique. Ce monde en plastique et tout en carton, où les rochers sont en mousse et les abris en bois, transpose avec rage et poésie une réalité précaire dans l’univers onirique et fantasmatique des cavernes. Se mêlent la rémanence de mythes anciens et l’atmosphère des films d’anticipation, les jeux d’ombres des premiers temps du cinéma et le plaisir punk de la destruction. Abordant la figure théâtrale par le biais du costume et de l’animal, Philippe Quesne livre ici une œuvre profondément théâtrale, où la scénographie est en permanente mutation. Tandis que les taupes effectuent leur percée obstinée, se dévoile un monde tout en tentures et en double-fonds, où l’artifice est révélé sans perdre pour autant de son merveilleux.


La « caverne » comme source d'inspiration
Très souvent, aux prémices des projets de Philippe Quesne, il y a un mythe ou une parabole qui joue un rôle important dans son processus de création. Pour Philippe Quesne : « La caverne est un lieu de rêverie ouvert au fantastique mais aussi propice à une réflexion sur une part sombre et mystérieuse de l’humain, avec toutes les ambiguïtés que comporte le fait de se réfugier dans un trou. » Philippe Quesme veut interroger cette allégorie de la caverne. La taupe est un animal considéré comme nuisible, elle creuse des galeries qui minent le sol. Cet animal, comme la caverne, a inspiré Philippe Quesme : « Pour exister, cet animal a besoin de s’annexer des territoires, de s’inventer des mondes. C’est un animal artiste, la taupe est fragile. Tout ce qu’elle a besoin d’éjecter de sous la terre devient des petits monuments. » Les sujets qui traitent de la dimension caverneuse traitent de la Terre et de ses habitants et questionnent donc notre société.


La Nuit des taupes (Welcome to Caveland !) de Philippe Quesne

hTh humain TROP humain - Domaine de Grammont

Avenue Albert Einstein - Montpellier

Création, mise en scène et scénographie : Philippe Quesne 

Avec : Yvan Clédat, Jean-Charles Dumay, Léo Gobin, Erwan Ha Kyoon Larcher, Sébastien Jacobs, Thomas Suire, Gaëtan Vourc’h 

Durée : 1 h 45

Billetterie hTh : + 33 (0) 4 67 99 25 00

Tarifs : 5 à 20 euros.

Lundi 22, mardi 23 et mercredi 24 mai à 20 heures.

Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation le mardi 23 mai 2017.


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