Une journée de manifestation s'est tenue hier après-midi dans le centre-ville contre la politique économique du gouvernement.

Montpellier: journée de manifestation contre l'accord sur l'emploi

  Plusieurs syndicats (CGT, FO, FSU et Solidaires) ont appelé à manifester contre l'accord du 11 janvier sur la sécurisation de l'emploi et la compétitivité des entreprises. Cet accord a été signé par les organismes patronaux (Medef, Upa, CGPME) et certains syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC). Son contenu sera examiné aujourd'hui en Conseil des ministres. S'il se transforme en texte de loi, cela permettra de "valider les rêves les plus fous du Medef". Le cortège est parti du Peyrou, a sillonné le centre-ville avant d'atteindre la Préfecture.

Pour Bernard, 62 ans et salarié agricole à la retraite : "On nous parle de sécurisation de l'emploi, c'est plutôt la précarisation de l'emploi. C'est inimaginable que des syndicats aient pu signer un accord comme ça !" avant de conclure "En plus avec un gouvernement socialiste, c'est le bouquet !"

Christian, 52 ans, salarié chez Sanofi manifeste "contre le projet de loi qui a été signé sur la mobilité. Nous, à Sanofi, nous sommes en mouvement depuis le 5 juillet. Ce projet, il va à l'encontre de l'emploi. Les patrons vont une fois de plus faire ce qu'ils veulent."

Nicole, 49 ans, secrétaire au CNRS, tenait quant à elle à revendiquer « sa grande insatisfaction. Nous assistons à une résorption de la fonction publique. Des salariés en CDD depuis 6 ans ont été licenciés. Les conditions se dégradent au niveau de l'ambiance et nous manquons d'argent" avant de rajouter "qu'on vend tout au privé par le biais de prestataire et ça c'est scandaleux".

Pour Serge Ragazzacci, secrétaire général de la section Hérault de la CGT, "il faudrait faire un bilan de toutes les aides publiques consenties aux entreprises depuis une dizaine d'année. C'est toujours les mêmes recettes et ça ne relance pas l'emploi".

Les syndicats opposés à l'accord plaident pour une relance du pouvoir d'achat par un coup de pouce du Smic et la fin du gel du point d'indice dans la fonction publique. Ils proposent aussi une loi contre les licenciements quand une entreprise fait des bénéfices, de refaire du CDI le contrat de base ainsi que la création d'un pôle public d'investissement qui permettrait la ré-industrialisation du pays.

Dans le cortège se trouvaient beaucoup de métallurgistes, des cheminots, des salariés de La Poste, de la Santé, de Midi Libre ainsi que d'entreprises menaçant de licencier du personnel tel que Schneider ou Sanofi.

Les syndicats comptent encore faire pression sur le gouvernement dans les mois qui viennent. Cette journée constituait "une première étape de mobilisation qui continuera tout au long du processus parlementaire".