Montpellier : « Génesis 6 6-7 » d’Angélica Liddell à hTh - Grammont

Le projet Génesis 6, 6-7 est la troisième partie de la Trilogie de l’Infini. Une guerre pour résoudre le problème de la beauté, une guerre par nostalgie de la beauté. Issue de l’univers poétique de l’Ancien Testament et de l’énergie mythique de Médée, cette Genèse s’accorde avec la colère de Dieu pour rendre le monde aux ténèbres, un monde épuisé de supporter sa propre misère, un monde qui ne trouve de solution ni dans le matérialisme ni dans la philosophie mécaniste, mais plutôt dans une sacralité verticale, un monde qui ne peut plus continuer d’attendre et veut disparaître.


Angélica Liddell, personnalité détonante du théâtre contemporain

Née à Figueras (Gérone) en 1966, Angélica Liddell fonde la compagnie ATRA BILIS TEATRO en 1993. Ses œuvres ont été traduites en français, anglais, russe, allemand, polonais, grec, portugais, japonais et italien. Ses dernières pièces, L’Année de Richard, La Maison de la Force, Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme, Tout le ciel au-dessus de la Terre (le syndrome de Wendy), Le Cycle des Résurrections et plus récemment Que ferai-je, moi, de cette épée ? ont été créées dans des lieux aussi prestigieux que le Festival d’Avignon, le Wiener Festwochen, la Schaubühne de Berlin, le Théâtre de l’Odéon à Paris, parmi de nombreux théâtre d’Europe, d’Amérique et d’Asie. En 2012, Angélica Liddell a reçu le Prix National de Littérature Dramatique du Ministère de la Culture espagnole, et a été récompensée en 2013 du Lion d’argent à la Biennale de théâtre de Venise. Elle a également reçu le prix de littérature LETEO 2016. En 2017, elle est nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture et de la Communication de la République française.


Génesis 6, 6-7 ou la problématique de la beauté

L’Apocalypse plane encore dans Génesis 6, 6-7, où observant telle une statue de sel la destruction de Sodome, Liddell se demande « pourquoi la catastrophe est si lente ». Mais il s’agit d’un millénarisme reconstituant, parce que, comme dit Mircea Eliade : « La nouvelle création ne peut avoir lieu tant que ce monde ne sera pas définitivement supprimé (...) pour le recréer dans sa totalité ». Pendant ce temps, et contre ceux qui la considèrent nihiliste, elle trouve une solution dans la dialectique positive « tout ce qui n’existe pas m’appartient » et assume le projet de recréer (sublimer ?) le monde, le renommer (…). Comme dans la Genèse originale, dans la sienne le mot performatif est fondamental, mais également la peur et le fantasme de l’aphonie (ses cris ne s’approchent-ils pas du vœu de silence dans une société laïque ?). Après Emily Dickinson, c’est maintenant la poète Sylvia Plath qu’elle invoque, celle qui a choisi précisément le mutisme en plongeant sa tête dans un four. (...) Mais, au-delà de la chair, dans cette nouvelle étape du sacré, où elle est la fiancée de la mort, la devineresse de l’invisible, la véritable frontière est l’ineffable, et, comme dans ses travaux précédents, la problématique est celle de la beauté (même si la beauté est un prototype à refonder.

María Velasco, Les résurrections d’Angélica Liddell : Génesis 6, 6-7, extraits


Génesis 6, 6-7

hTh humain TROP humain - Domaine de Grammont

Avenue Albert Einstein - Montpellier

Mise en scène : Angélica Liddell / Compagnie Atra Bilis Teatro

Texte, scénographie, lumières et costumes : Angélica Liddell

Interprètes : Juan Aparicio, Tania Arias Winogradow, Aristides Rontini, Sindo Puche, Angelica Liddell, Yury Ananiev, Sarah Cabello Schoenmakers, Paola Cabello Schoenmakers, Borja López

Lumière : David Benito et Octavio Gomez

Spectacle en russe et en espagnol surtitré

Des scènes de ce spectacle peuvent heurter la sensibilité de certains spectateurs

Mercredi 17 et jeudi 18 janvier à 20 heures

Durée : 1h40

Billetterie hTh : + 33 (0) 4 67 99 25 00

Tarifs : 5 à 20 euros.

www.humaintrophumain.fr


PROJECTION : Angélica [una tragedia] de Manuel Fernández-Valdés le lundi 15 janvier à 20h15 en partenariat avec et au cinéma Diagonal – Montpellier

Angélica [una tragedia] est un film sur une dévote de l'art, et sur la relation tumultueuse qui unit la création et la vie. Son théâtre autobiographique expose la douleur la plus intime d’Angélica Liddell, et le film reflète comment cela affecte l'essence même de son travail et toutes les personnes qui travaillent avec elle.


Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation le jeudi 18 janvier 2018.


Infos pratiques Navette : La navette gratuite hTh vous attend Place de France (Odysseum), dès 19 heures, et réalise plusieurs rotations jusqu’à 19h40. Pour rentrer en ville : rotations de la navette jusqu’à 1h20 après la fin de la représentation, arrivée Place de l’Europe (Antigone).