La fête d'annulation du festival Hybrides, qui devait avoir lieu du 13 au 28 mars, aura lieu ce soir à partir de 19h au Domaine d'Ô.

Montpellier : Fête d'annulation du Festival Hybrides
 Le Festival Hybrides vous propose une rencontre autour de la thématique « Les enjeux de la culture dans notre république » au café Hybrides à partir de 19h puis une représentation unique du spectacle Caliban Cannibal de la Compagnie Motus à 22h.


"Caliban Cannibal" (vidéo) de Daniela Nicolò et Enrico Casagrande (Cie Motus) : 

Après la « tempête », un voyage et un refuge. Temporaire. Une « lightweight emergency tent » – une tente très légère utilisée comme premier secours pour les réfugiés – s’installe rapidement dans les zones vides de lieux publics et privés : à partir des places, en passant par les parcs, les centres commerciaux... jusqu’aux foyers des théâtres. Un non-lieu suspendu et transitoire habité par deux figures improbables A + C.
Ils sont ensemble par hasard et par nécessité, arrivés à ce refuge après des événements tourmentés de naufrages réels et existentiels, des grands gestes et des revendications frustrées. Ils essaient de communiquer sans parler la même langue. Ils essaient de se raconter, sans vouloir tout dire, mélangeant l’italien, le français, l’arabe... un anglais massacré. Ils essaient de se soutenir sans avoir vraiment la force pour pouvoir le faire jusqu’au bout.

« A » pourrait être Ariel après La tempête, aphasique et narcoleptique, en confrontation avec une liberté poursuivie dans les slogans, mais fondamentalement crainte. Fragile comme le chrysanthème, la « fleur de la mort » qu’elle a porte avec elle. 
« C » pourrait être Caliban après l’explosion de l’île, après l’attentat contre Prospero. Après les feux d’artifice. Après la révolution tunisienne... Puis un départ, l’arrivée clandestine dans le Meilleur des Mondes avec l’odeur des trains sur les mains, un sac à dos et un disque dur avec les matériaux vidéos pour un documentaire sur les rebellions tunisiennes et égyptiennes, en cours de réalisation... Mais aussi une valise pleine de livres : mais pas ceux de Prospero, ses livres à lui, surlignés, appris par cœur, au fil des années. Poètes arabes et œuvres de philosophes français : avant tous, « Foucault, l’artificier par excellence », même s’il écrit dans la langue haïe et aimée. Apprise par force et mal digérée. Cannibalisée par l’angoisse de savoir. Toujours plus. Pour trouver, par la suite, de nouveaux mots. Des mots nouveaux/anciens...
Le contact entre A et C est foudroyant. Un nouveau maître ? Non, simplement un frère. 
La relation shakespearienne se renverse.