Montpellier : Exposition sur quatre décennies de peinture de Jean-Michel Meurice

De nombreux voyages, de nombreuses œuvres, de nombreuses expositions, de nombreux musées, de nombreux livres d’art m’ont inspiré. L’art m’a nourri, influencé, touché, ému, intéressé. Les titres que je donne sont un moyen de leur rendre hommage. Le moyen aussi d’ouvrir le spectateur à d’autres horizons que celui de mon tableau et de le faire voyager dans des œuvres peu ou pas bien connues.

Jean-Michel Meurice


En ce début d’année 2018, le Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole rend hommage à Jean-Michel Meurice, personnalité atypique, à la fois réalisateur de films et de documentaires, mais aussi l’un des acteurs majeurs du renouveau de la peinture en France dans les années 1960. Pour l’exposition Jean-Michel Meurice Parcours : 1956-2018, une quarantaine d’œuvres sont exposées à travers cinq décennies de peinture.


Un artiste complet

Jean-Michel Meurice est né à Lille en 1938. Il est diplômé de l'Ecole des beaux-arts de Saint Luc à Tournai en Belgique. Alors qu'il est mobilisé en Algérie (entre 1959 et 1962), il peint la pellicule d'un film. Cet acte devient la pierre angulaire de sa carrière de peintre et de réalisateur. A son actif, Jean-Michel Meurice a réalisé plus de 150 documentaires dont de nombreux sur la peinture (Simon Hantaï, Pierre Soulages, Caravage) et fait partie des fondateurs de la chaine télévisée Arte. En parallèle, il pratique la peinture avec le même enthousiasme. Son esthétique se nourrit de nombreux voyages qu'il a effectués. Ses œuvres sont conservées dans les plus grands musées français (Centre Pompidou, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Musée des arts décoratifs, Musée Picasso d'Antibes) et à l'international (Musée de Saint Louis - USA, Museum of modern art de Gunma - Japon, Australian National Gallery - Australie).


Années 1960, Tout-couleur pop !

Les problématiques que Jean-Michel Meurice aborde dans les années 1960 sont proches de celles du mouvement Supports/Surfaces auquel il est régulièrement associé dans des expositions collectives. Son œuvre fait en effet état d’une peinture remise en question qui cherche à se libérer des contraintes imposées par le pinceau et le châssis. Prenant volontairement ses distances avec l’abstraction lyrique, Meurice explore de nouveaux territoires en employant des matériaux inédits tels que les aérosols, l’aluminium, le vinyle, plus généralement les matières synthétiques, ce qu’il appelle « le style Prisunic ».


Du hors cadre à l’arabesque

Au cours des années 1970, la démarche de Jean-Michel Meurice, de plus en plus radicale, se caractérise par une systématisation du geste. L’artiste, animé par le désir de peindre à nouveau, couvre l’espace de ses peintures de bandes de couleurs répétées qui occupent entièrement l’espace pictural saturé. Dans les années 1980-1990, Meurice se passionne pour l’art islamique à la faveur d’un voyage en Andalousie à la fin des années 1970 et de plusieurs voyages en Asie Centrale au début des années 1980. Le motif réapparaît dans son œuvre à la faveur de l’expérimentation d’une technique nouvelle : l’empreinte. Meurice crée de grandes compositions avec des motifs végétaux dont les arabesques contrastent avec la rigueur des lignes répétées.


Années 2000, Corolles volubiles

La dernière salle est consacrée aux fleurs dites corolles volubiles. Depuis le début des années 2000, Jean-Michel Meurice pratique à nouveau le dessin, il représente sans cesse des ipomées, ces fleurs aux formes sensuelles vécues comme une épiphanie. En écho aux pratiques radicales des premières années, Meurice fait intervenir à nouveau des supports surprenants dans sa peinture, dessinant par exemple sur des rideaux de douche.


Exposition Jean-Michel Meurice Parcours : 1956-2018

Musée Fabre

13, rue Montpelliéret - Montpellier

Du mardi au dimanche, de 10 heures à 19 heures, fermé le lundi.

Tél. : + 33 (0)4 67 14 83 00

Jusqu’au 29 avril 2018

Tarif : 5 à 7 euros

www.museefabre.fr


Plein cadre - Jean-Michel Meurice. Entretien avec Maurice Fréchuret, à paraître aux éditions Beaux-arts le 14 février 2018.