Montpellier : Exposition « Le monde de Cervera » à la Galerie Clémence Boisanté

Et si toute l’œuvre d’André Cervera n’était qu’une volonté de garder la tête haute, de ne pas se laisser abattre, un cri de vie, tonique, humble, digne ! Sa voix est juste. Sans forcer le ton, sans rien imposer, avec humour, il nous donne une leçon de savoir-vivre sur notre planète.

Pierre Tilman


Le jeudi 7 septembre, la Galerie Clémence Boisanté présente l’exposition Le monde de Cervera consacré au peintre André Cervera. Cette exposition livrera pour la première fois au public les « toiles enterrées ». André Cervera est un artiste français reconnu, né en 1962 qui vit et travaille à Sète et qui voyage régulièrement aux quatre coins du monde pour ses recherches. Rattaché la scène sétoise, Cervera se détache pourtant de la Figuration Libre et des artistes qu’il a côtoyés durant son adolescence, et dont il s’est néanmoins imprégné comme Hervé Di Rosa, Michel Zoom ou encore Robert Combas. Il a bénéficié en 2013 d’une monographie à l’Espace Bagouet, dans laquelle il dénonçait certains tabous de la société liés à la sexualité.


Une exposition attendue : Le monde de Cervera

La galerie Clémence Boisanté présentera certaines œuvres récentes qu’André Cervera a ramenées de son dernier voyage en Inde ainsi qu’un ensemble d’une vingtaine de toiles réalisées pour cette exposition. Politique, religion, culture, toute l’humanité est retranscrite et passée au filtre du langage pictural de Cervera. L’artiste a une farouche peur de la redite et, alors même que son écriture est reconnaissable entre toutes, il se bat contre le confort que trente ans de pratique lui confèrent. Aussi adapte-t-il ses teintes, traits et touches au sujet couché sur la toile. Cette exposition livrera également pour la première fois au public les « toiles enterrées », tableaux que l’artiste enfouit sous terre pour les remonter à l’atelier quelques semaines plus tard et les retravailler. « Le fait d’enterrer ses tableaux relève de quelque chose d’encore plus mystérieux. En agissant de la sorte, André Cervera les soustrait à la réalité de la clarté, de la vision. Il les emmène dans un royaume qui, pour nous, est celui de l’effroi, celui de l’obscurité, du silence, de l’invisible, du noir, de l’aveuglement », explique Pierre Tilman. Grand voyageur, André Cervera nourrit sa culture visuelle de tous ses périples : Afrique noire, Inde, Chine ; les découvertes et expériences ramenées de ces continents enrichissent son œuvre. De ses longs séjours à l’étranger, Cervera amasse, mémorise et fait siens des codes symboliques, les scènes quotidiennes, les mythologies, les histoires jusqu’aux scènes les plus anodines. Il est aussi un artiste qui porte un regard sur notre société et le monde.


André Cervera, un artiste engagé

La liberté guidant le peuple dans les rues de Damas, la rue des joyeux fous, les congés payés, allégorie de la guerre, autant de visions hantant l’esprit de l’artiste habiteront la Galerie Clémence Boisanté durant un mois. « Les peintures d’André Cervera, indique Philippe Saulle, traduisent toujours cette rage, maîtrisée certes aujourd’hui, et conduite avec virtuosité. Les saynètes, le théâtre, les huis clos poétiques sont guidés par des courts scénarii. À la différence des Figurations Libres, André Cervera s’exprime dans un style très expressionniste. Celui de Kokochka ou Ensor et le trait noir épais du mouvement Die Brücke. Mais son expressionnisme s’affirme de plus en plus “latin” et s’inspire au fur et à mesure des voyages, de la magie ou de l’animisme des si mal nommés “primitifs”. » Certains ont vu chez ce peintre un genre nouveau qui a été baptisé « expressionnisme latin », ce genre unique traduit une pensée en mouvement à la fois instinctive et sous pression. Sa peinture est à la fois nerveuse et sophistiquée, tout en témoignant de son propre rapport au monde. Cervera peint, pris par un état d’urgence, une nécessité impérieuse de dire le monde, l’homme et son destin. Ses œuvres témoignent de sa façon de vivre le monde et de le ressentir à la fois dans sa souffrance et sa beauté. André Cervera habite ses œuvres d’univers chamanique et totémique dans lequel le rite, le masque et la sexualité tiennent une place prépondérante. André Cervera est un enfant de Sète, son père était réfugié espagnol, il a connu une belle ascension, il est invité dans des galeries prestigieuses à l’international.


Cervera est à redécouvrir à la Galerie Clémence Boisanté avec des toiles qui seront pour la première fois exposées au public. Il recycle dans ses œuvres, des vieux papiers peints, des affiches publicitaires, des dessins académiques. A partir de cette base, il dessine, colle, détoure, tamponne, peint et cherche à se faire rencontrer et à juxtaposer les gens, les histoires, les modes de vie et les symboles, dans un même lien universel. Paradoxalement, et malgré une peinture qui peut paraître brute, il sophistique toujours son discours et sublime la réalité en n’oubliant jamais la dimension humaine.


Exposition Le monde de Cervera d’André Cervera

Galerie Clémence Boisanté

10, rue Ledru-Rollin – Montpellier

Tél. : + 33 (0)4 99 61 75 67

Du mardi au samedi, de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19 heures

Entrée libre

Du jeudi 7 septembre au samedi 7 octobre 2017

Inauguration le jeudi 7 septembre à partir de 18h30, suivie à 20 heures d’une performance d’André Cervera avec Tony Truant.

www.galerieboisante.com