Montpellier : Birkin chante Gainsbourg à l’Opéra Berlioz

1969 – année érotique... Une jolie actrice britannique défraie la chronique avec la chanson Je t’aime... moi non plus, que lui a composée son compagnon, le sulfureux et génial Serge Gainsbourg (1928-1991). Sur une dizaine d’années, elle sera le prélude à une fructueuse collaboration, unique dans l’histoire de la chanson française. Les deux artistes donneront naissance à leur fille Charlotte, mais aussi à ces tubes inoubliables mettant en scène la voix enfantine, si douce, de Jane Birkin. Mi-femme, mi-enfant, elle vous murmure des paroles sauvages au coin de l’oreille comme Je suis venue te dire que je m’en vais...


Jane Birkin, la muse de Gainsbourg

Jane Birkin est née à Londres le 14 décembre 1946, d’une mère comédienne, Judy Campbell, et d’un père commandant dans la Royal Navy. Elle monte sur les planches à dix-sept ans et rencontre John Barry qui l’engage pour sa comédie musicale Passion Flower Hotel. Ils se marient peu après, et en 1967 Kate Barry voit le jour. À vingt ans, Jane se fait remarquer dans Blow-up, le film-scandale d’Antonioni consacré à Cannes. En France, Pierre Grimblat est sur le tournage de Slogan. Il cherche une Anglaise pour donner la réplique à Serge Gainsbourg. L’artiste est déjà célèbre en marge du courant yéyé, mais l’homme vit difficilement sa rupture avec Brigitte Bardot. Jane débarque pour un bout d’essai ; elle parle à peine français, ignore tout de son partenaire et fait les frais de son dépit amoureux. Ainsi commence leur mythique histoire d’amour dans le Paris de 1969. Ils ne se quittent plus et créent la légende. Voix et corps lascivement alanguis, ils enregistrent Je t’aime moi non plus. La censure se déchaîne, le disque se vend à un million d’exemplaires en quelques mois. Lolita go home sort en 1975. Le public est séduit par l’accent acidulé de Jane, sa voix mi-aiguë mi chuchotée, et l’atmosphère ouatée qu’elle insuffle aux textes torturés de Serge. En 1981, Jane quitte Serge. Gainsbourg souffre de la séparation, et lui avoue pudiquement en lui livrant Baby alone in Babylone. Jane, bouleversante, interprète des fêlures de l’auteur derrière chaque note de Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve, Les Dessous chics, ou Norma Jean Baker. En 1990, Gainsbourg lui consacre un nouvel album-déclaration : Amours des feintes. Ce sera le dernier. Il s’éteint le 2 mars 1991.


Gainsbourg symphonique... ou le meilleur de Serge 

« Une chose entre autres que tu n’sais pas, tu as plus qu’un autre le meilleur de moi. »… Les paroles de Serge pour moi… et j’ai compris des années après qu’il avait raison… Il m’a donné le meilleur de lui… C’est peut-être pour cette raison que je chante Gainsbourg sur scène depuis bientôt trente ans… Jamais je n’aurais pu faire cela sans l’aide de Philippe Lerichomme qui connaissait autant que moi chaque chanson de Serge, ses goûts, ses fragilités, ce qu’il aurait aimé ou pas aimé ; Philippe qui est devenu aussi par la suite mon directeur artistique pour la scène, sachant quels titres je devais interpréter, en redonnant un souffle de nouveauté à chaque concert, à partir des mêmes chansons. (…) Un jour j’ai évoqué à quelqu’un le fait que Serge s’inspirait beaucoup de la musique classique et à quel point il aurait été beau que ses textes soient interprétés avec un orchestre symphonique. Très vite, le projet a pris forme : les Francofolies de Montréal m’ont proposé d’ouvrir le festival 2016 par deux concerts avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Quoi interpréter, quelles chansons ? Philippe Lerichomme a trouvé les bonnes idées… une liste de chansons… et puis Nobu… Je viens juste d’écouter les arrangements qu’il a composés pour l’occasion, ils sont d’une beauté inouïe, avec une magie à la Mendelssohn, Messiaen… des airs de jazz, de fantaisie et de charme… J’ai pris des chansons de Serge, les idées de Philippe et la magie de Nobu… et aujourd’hui naît Gainsbourg symphonique !  Jane Birkin


Programme

Jane B- L’Anamour- Une chose entre autres- Exercice en forme de Z- Amours des feintes- Ballade de Johnny Jane- Les Dessous chics- Manon- Baby alone in Babylone- Valse de Melody- Fuir le bonheur- Physique et sans issue- L’Aquaboniste- Ces petits riens- L’Amour de moi- Dépression au-dessus du jardin- Requiem pour un con- Pull marine- Medley instrumental : Lemon incest, Ma Lou Marilou, My Lady heroine, The Initials BB, Je t’aime moi non plus- Lost Song- La Javanaise- La Gadoue- La Chanson de Prévert


Birkin Gainsbourg

Le Symphonique

Opéra Berlioz / Le Corum - Montpellier

Jane Birkin, chant

Nobuyuki Nakajima, arrangements et piano

Philippe Lerichomme, direction artistique

Orchestre national Montpellier Occitanie

Gwennolé Rufet, direction

Les Visiteurs du soir productions

Samedi 4 novembre à 20 heures

Tarifs de 27 € à 50 € selon catégorie

Réservation - Billetterie Opéra Comédie: + 33 (0)4 67 60 19 99

www.opera-orchestre-montpellier.fr