Le Préfet de région vient d'autoriser ce jour l'augmentation du titre alcoométrique volumique naturel des vins sans indications géographiques de la récolte 2013, dans la limite de 1,5% vol, sans distinction de couleur ou de cépage.

Montpellier : augmentation du degré d’alcool de certains vins

Comme le prévoit la réglementation européenne applicable dans la zone viticole à laquelle appartient le Languedoc-Roussillon, cette autorisation n'a été accordée qu'après examen des suivis de maturité et des conditions climatiques spécifiques à cette vendange. Bien que les conditions de maturation des raisins au cours du mois d'août 2013 et de début septembre restent à ce jour optimales, les éléments sanitaires et de retard végétatif présentés peuvent justifier le recours ponctuel à l’enrichissement des vins concernés par la demande.

Les seules méthodes d’enrichissement autorisées dans les départements de la région Languedoc-Roussillon, sont les suivantes :
- pour les raisins frais, le moût de raisins partiellement fermenté ou le vin nouveau encore en fermentation uniquement, par addition de moût de raisin concentré ou de moût de raisin concentré rectifié,
- pour le moût de raisin uniquement, par addition de moût de raisin concentré ou de moût de raisin concentré rectifié ou par concentration partielle,
- pour le vin uniquement, par concentration partielle par le froid.

La chaptalisation reste interdite.  Cette technique, consistant à ajouter non pas des produits issus du raisin mais du saccharose, ne peut en effet être autorisée dans notre région que dans des circonstances exceptionnelles, que la demande n’a pas démontrées.

La demande adressée au Préfet mettait en avant une différence de prix entre ces différentes méthodes d'enrichissement en raison du plus faible coût du saccharose en tant qu'ingrédient. Cette situation, non spécifique à la région et aux vendanges 2013, ne caractérise pas l'existence d'une situation exceptionnelle qui permettrait de fonder une dérogation à l'interdiction du sucrage à sec. Le « libre choix » de la méthode d'enrichissement demandé par une partie de la profession viticole sur la base de ces considérations économiques, supposerait une modification préalable de la réglementation nationale et européenne sur les méthodes œnologiques autorisées et ne relève pas, dans ces circonstances, d'une décision préfectorale.

Pour les autres catégories de vins (AOP  et IGP), les demandes d'autorisation d'enrichissement déposées seront rapidement instruites par les services de la DIRECCTE , de la DRAAF et de la délégation territoriale de l'INAO, au cas par cas selon l'évolution des suivis de maturités et les conditions propres, par zone géographique, à chaque cépage.

Ces ajustements oenologiques ne concernent qu'une petite partie de la production viticole régionale, dans le contexte de qualité du millésime 2013, annoncé à ce stade particulièrement prometteur, et dont une large part ne nécessitera pas d’augmenter le degré d’alcool.

Cette qualité doit permettre aux vins du Languedoc-Roussillon de poursuivre leur progression en termes de notoriété, fruit d'un long travail de reconversion qualitative du vignoble et des conditions pédoclimatiques particulièrement favorables de cette région.