« Atlas », c'est le pari fou de réunir 100 interprètes amateurs sur la même scène. Ce spectacle, initialement programmé par le festival Hybrides en partenariat avec le hTh, sera maintenu au théâtre htH, malgré l'annulation du festival. Deux représentations seront données, aujourd'hui et demain, à 21h.

Montpellier :

100 !  C’est le pari un peu fou des Portugais Ana Borralho et João Galante, réunir 100 interprètes dans un seul et même spectacle - une multitude, une armée, la diversité d’une civilisation reconstituée sur un plateau de théâtre. Cette foule composée de citoyens volontaires incarne la société, mais vient aussi la bousculer. En scène, on découvrira ainsi la représentation d’un Atlas de l’humanité, constitué de différentes morphologies, professions, positions sociales, générations.

Derrière ce projet se cache la volonté de refaire du théâtre un espace politique dans son sens original, l’expression pure des habitants de la Cité. Ce sont ces paroles et ces corps multiples que Borralho et Galante organisent comme un chœur grandiose, inspirés par une comptine qui nous rappelle que l’humanité est à la fois une et innombrable.

100 personnes sur la scène. Un paysage de personnes aux horizons professionnels différents, clamant leur place dans la société, individuellement aussi bien qu’en groupe. Une révolution tranquille. Un travail motivé par la croyance que l’art doit jouer un rôle actif dans la société. En unifiant l’art et la vie.

Deux phrases de l’artiste plasticien Joseph Beuys sont le moteur de cette performance : « Nous sommes la révolution » et « Tout le monde est artiste ». Il s’agit d’élargir le champ de l’art à la vie de l’humanité dans son ensemble en introduisant la notion de sculpture sociale. La performance s’est inspirée de la chanson pour enfant : « Si un éléphant dérange bien du monde, deux éléphants en dérangent encore plus »… Pendant toute la performance, les gens vont et viennent comme sur un podium, par vagues, chacun à son tour prononçant la réplique mais, au lieu du mot « éléphant » ils disent le nom de leur profession.