Montpellier : Armida, l’opéra-événement fait salle comble !

« Armida est une œuvre atypique et fascinante, parce qu’elle est incroyablement poignante et en même temps d’une grande pureté et d’une grande abstraction. Pour servir cette œuvre étrange, nous avons voulu un langage scénique à l’avenant : ni reconstitution historique médiévale, ni transposition réaliste moderne, mais un univers propre, qui évoque plus qu’il ne décrit, qui associe des images à travers les siècles, qui bouscule certains codes et en réinvente d’autres – comme la musique de Rossini elle-même, fascinante par sa perfection formelle, et dont les conventions sont si différentes de celles de l’opéra romantique ou vériste auxquels nous sommes habitués. »

Mariame Clément, metteur en scène


A Montpellier, Armida est un des opéras majeurs de la saison, ce titre exigeant a fait salle comble pour ses deux premières représentations. A l’affiche, des grands noms de l’art lyrique dont la mezzo-soprano Karine Deshayes qui si elle a déjà chanté au Corum, notamment l’été dernier pour l’ouverture du Festival Radio France, inaugure par son rôle la salle de l’Opéra Comédie. Le compositeur Gioacchino Rossini (1792-1868) s’est plutôt illustré dans l’opera buffa (sujets légers proches de la comédie) qu’il mène à son apogée avec Le Barbier de Séville (1816) ; Armida (1817) s’inscrit dans le genre sérieux, il s’agit d’un de ses opéras composés à Naples. Les œuvres de Rossini sont caractérisées par un sens de la mélodie et un effet théâtral marqué.


Un grand nom de l’opéra italien

Lorsque Rossini crée Armida, il a à peine vingt-cinq ans. Musicien prodige, il accompagne son père au violon dans des orchestres de village. A douze ans, il compose ses premières sonates pour violons, violoncelle et contrebasse. A quinze ans, il recopie les grands airs des opéras de Mozart, en travaillant lui-même les harmonisations. En 1825, alors que Stendhal vient de publier Vie de Rossini, il s’établit à Paris sur proposition du roi de France, Charles X, et devient codirecteur du Théâtre-Italien. Il occupe également, jusqu'à la Révolution de 1830, les charges de premier compositeur du roi. A trente-sept ans, à la fin du régime de Charles X, il se retire du théâtre et de la vie publique, ses compositions se font rares. Pour Armida, c’est Isabella Colbran (1785-1845), qui allait devenir son épouse, qui interpréta le rôle-titre, un des plus difficiles du répertoire rossinien. En 1952, la Diva Maria Callas (1923-1977) permet la renaissance d’Armida de Rossini, jusqu’alors très peu joué.


Des grands interprètes

Adapté d’un célèbre épisode de La Jérusalem délivrée (1581) du Tasse (1544-1595), Armida nécessite une virtuosité vocale de la part de l’interprète féminine et des chanteurs. Karine Deshayes s’illustre dans le personnage vocal qui exige des extrêmes aigus et graves, et une énergie exemplaire ! La cantatrice affectionne Rossini à qui elle a consacré un album. Son talent d’artiste lyrique a été couronné à deux reprises par les Victoires de la Musique. A l’Opéra Comédie, elle partage la scène, transformée en stade olympique, avec le Chœur et cinq ténors, sous la direction de Michele Gamba. L’étoile montante de l’art lyrique, Enea Scala, dans le rôle de l’amant Rinaldo, est très présent et nous assistons à de nombreux duos. La thématique s’inscrit dans l’orientalisme très en vogue, et dévoile, au temps de la Première Croisade (1095-1099), les amours contrariés entre Armida, une magicienne musulmane, et Rinaldo, un chevalier chrétien qui lui préfèrera son devoir.


A l’Opéra Comédie, Armida connaît un grand succès : applaudissements répétés du public pendant le spectacle (trois heures avec l’entracte !), ovation pour les deux interprètes principaux. Avec cette composition, une place particulière est donnée aux musiciens de l’orchestre qui avec le Chœur, et les artistes lyriques atteignent un haut niveau. La mezzo-soprano Karine Deshayes est talentueuse, il y a de la magie sur scène. Par son jeu et le chant, elle se révèle époustouflante. Son partenaire principal, le ténor Enea Scala, a également conquis le public. Armida est l’opéra-événement de la saison, il est à découvrir jusqu’au dimanche 5 mars.

Fatma Alilate

Armida Opéra en trois actes de Gioacchino Rossini

Opéra Comédie

11 Boulevard Victor Hugo – Montpellier

Michele Gamba, direction musicale

Mariame Clément, mise en scène

Jean-Michel Criqui, reprise de la mise en scène

Julia Hansen, décors et costumes

Bernd Purkrabek, lumières

Noëlle Gény, Chef de chœur

Chœur de l’Opéra national Montpellier Occitanie

Orchestre national Montpellier Occitanie

Karine Deshayes, Armida

Enea Scala, Rinaldo

Edoardo Milletti, Gernando / Ubaldo

Dario Schmunck, Goffredo / Carlo

Daniel Grice Idraote, Astarotte

Giuseppe Tommaso, Eustazio

Vendredi 3 mars à 20 heures

Dimanche 5 mars à 15 heures

Tarifs : 19 € à 65 €

Durée : 3 heures (un entracte)

Réservation - Billetterie Opéra Comédie: + 33 (0) 4 67 60 19 99

www.opera-orchestre-montpellier.fr

Infos complémentaires : Garderie musicale le dimanche 5 mars 2017.

Armida est une Coproduction de l’Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie et de l’Opera Vlaanderen.