Trois responsables syndicaux ont tenu une conférence au club de la presse sur l'appel à la manifestation du mardi 5 mars contre la politique économique du gouvernement.

Appel à la grève du 5 mars contre les accords sur l'emploi

  À l'initiative de la CGT et de la FO, un appel national à manifester mardi 5 mars a été lancé. Serge Ragazzacci (secrétaire général de la CGT Hérault), Philippe Damoiseau de Solidaires 34 et Marc Bastide (membre de la CGT, fédération métallurgie) étaient présents vendredi au Club de la presse pour expliquer les raisons de cette journée de manifestation.

Il s'agit d'éviter que l'accord du 11 janvier dernier entre organismes patronaux (Medef, UPA et CGPME) et syndicaux (CFDT, CFTC, CFE-CGC) ne se transforme en texte de loi. Le contenu de l'accord sera examiné le 6 mars prochain en Conseil des ministres.

La CGT et la FO avaient refusé de signer l'accord « qui aurait dû être sur la sécurisation de l'emploi et non sur la compétitivité des entreprises ». Qualifié « d'arnaque historique », le texte est accusé de démanteler le Code du travail en faveur du patronat : augmentation du temps de travail et baisse des salaires, assouplissement des horaires de travail, recours aux Prud'hommes plus difficile pour les salariés...

Les responsables syndicaux rappellent également que des accords similaires avaient été conclus chez Goodyear et Continental par exemple. Malgré les efforts consentis, de nombreux salariés ont malgré tout perdu leur emploi.

Par ailleurs, si le Medef a accepté la taxation des CDD « c'est parce que cela permet aux employeurs de bénéficier d'allégement de cotisations sociales ». De plus, aucune disposition n'a été prise pour favoriser l'embauche en CDI et les contrats saisonniers et d'intérim sont exonérés de taxation.

Surtout, les syndicalistes s'interrogent sur l'efficacité de ces mesures : "En quoi cet accord va réduire le chômage en permettant de licencier plus vite et à moindre coût ?". Ils rappellent que la suppression de l'autorisation administrative de licenciement en 1986 n'a pas eu d'impact à long terme sur le chiffre du chômage.

Une quarantaine d'appel à la grève dans le secteur privé ont été lancés dans le département "une première depuis le début du mandat de François Hollande". Les représentants syndicaux ne comptent pas sur les députés pour que la loi ne soit pas votée. Ils demeurent par ailleurs consternés par l'ignorance ou l'indifférence des élus locaux sur le sujet. Ils comptent ainsi sur la mobilisation des salariés pour faire pression sur le gouvernement.

Manifestation mardi 5 mars à 15h au Peyrou.