Malgré la pétition qui circulait pour interdire le nouveau spectacle de Rodrigo Garcia, « Accidens », qui met en scène le sacrifice d’un animal, celui-ci aura bien lieu. Deux représentations seront données par jour, à 19h et 21h, du 7 au 10 avril au théâtre hTh.

Montpellier :

Rodrigo Garcia décrit son spectacle ainsi : « Accidens est un poème visuel et une performance que chacun peut et doit interpréter comme il peut. Pour moi, c’est un retour à la nature : tuer un animal pour manger, tuer pour ne pas mourir. Un acte primitif, comme respirer. Depuis que j’ai l’usage de la raison, les animaux morts sont déjà au supermarché, parfois déjà cuisinés et accompagnés de leur garniture. Alors quelle est la relation qui demeure entre l’homme et la nature ? Serait-ce de prendre les aliments dans un frigo, aller vers la caisse où il y a le moins de queue, payer avec la carte bleue et les mettre dans un four micro-ondes ? D’un autre côté, Accidens pour moi me rappelle la noirceur d’un passé pas si éloigné en Argentine : la répression de la dictature militaire et ses méthodes de torture qui parfois rappellent les gravures de Goya des Désastres de la guerre. La sauvagerie de l’être humain n’a pas d’époque. La barbarie est perpétuelle. Et par-dessus tout, ce poème visuel qu’est Accidens me fait penser à l’agonie, au partage du temps de l’agonie avec un être vivant, dans ce cas-ci un homard, à mes yeux métaphore de certains êtres chers qui sont morts et que je n’ai pas pu accompagner jusqu’au dernier souffle. ».


En deuxième partie, Rodrigo Garcia vous propose de découvrir le spectacle Flame dans une atmosphère plus légère. Flame est une performance musicale et visuelle, une expérience à partir du chant flamenco.En déambulant autour de la structure de bois, le public découvrira des projections différentes et pourra également décider de regarder le clown qui chante, ou le clown qui joue de la batterie. Rodrigo Garcia vous propose ainsi un modeste voyage de moins d’une heure où se mêlent le cante, les films de terreur et de fiction, un poème d’amour pour une personne qui lit allongée dans l’herbe (ou peut-être un poème d’amour à la lecture et au temps libre) et cinquante livres emballés sous vide.