Après les déclarations d'Hélène Mandroux en début de semaine et le raout de Jean-Pierre Moure, Philippe Saurel a invité la presse pour faire le point sur sa candidature.

Montpellier 2014 : Saurel en défenseur des Montpelliérains contre Moure

 Le rendez-vous donné à la presse par Philippe Saurel pouvait souffrir de la comparaison avec l'annonce de la candidature de Jean-Pierre Moure. Au café Riche et la place de la Comédie, l'adjoint à la culture a préféré le bar des Super Vedettes aux Beaux-arts. Nul aréopage de personnalités montpelliéraines, pas de partisans rassemblés. Seule sa femme Corinne l'accompagne et quelques clients tendent l'oreille.

"Ce point presse je l'ai voulu dans la simplicité et l'humilité dans le quartier des Beaux-Arts où je suis né et été élu trois fois conseiller général mais surtout dans ce quartier qui est pour moi symbole de résistance." a t-il lancé en préambule. Lui aussi rendant hommage à Stéphane Hessel en y ajoutant "Jean Moulin dont nous célébrons le 70e anniversaire de sa mort".

Mandroux épargnée
La résistance il en a été beaucoup question. Car si Philippe Saurel épargne Hélène Mandroux "Elle est légitime jusqu'en 2014. Elle a apporté sa personnalité à la ville. Mais elle a du mal aujourd'hui à rassembler" c'est avec virulence qu'il se dresse face à la candidature de Jean-Pierre Moure en excluant toute revanche politique ou attaque personnelle : "La candidature de Jean-Pierre Moure apporte la division et risque de faire perdre la gauche à Montpellier. Ce n'est pas lui en tant que tel, c'est lui en tant que président de l'Agglomération parce que je considère que c'est un mauvais gestionnaire".

La gestion en question
Philippe Saurel reproche au maire de Cournonsec la gestion de sa ville : "Un des plus gros endettement de l'Hérault avec 2 200 €/personne alors que pour une ville de 2 000 habitants la moyenne est à 700 €/personne". Et d'en venir à l'Agglomération "avec l'augmentation de la taxe d'habitation, la CFE qui a mis 1 000 personnes dans la rue et la campagne Unlimited financée avec l'argent de l'Agglo et de nos impôts qui n'avait qu'un seul but et je l'ai dit en séance public, faire sa campagne d'autopromotion".


"J'ai pour Montpellier une passion intense. Montpellier est belle, Montpellier est attirante."
P. Saurel


Où l'on évoque Georges Frêche
Si Jean-Pierre Moure décrit une ville en léthargie, Philippe Saurel accuse son adversaire de créer la division dans l'Agglomération "notamment en faisant voter une motion de défiance à l'égard de la Communauté de Communes du Pays de l'Or" et de détruire "l'équilibre subtil créé par Georges Frêche entre Montpellier et les villages lorsqu'il supprime la vice-présidence de l'Agglo au maire de Jacou". Et d'évoquer encore l'Imperator à propos des intentions de Jean-Pierre Moure : "S'il se présente ce n'est pas parce qu'il aime Montpellier et les montpelliérains sinon il aurait demandé à Georges Frêche de le mettre sur sa liste en 2001. C'est le calcul politicien tout simple de la nouvelle loi de l'aménagement territorial. En étant maire de Montpellier, il veut présider la métropole". Ce que Jean-Pierre Moure n'a pas caché mercredi.

Saurel isolé ?
Philippe Saurel a envoyé un message à ceux qui le pensent isolé : "Les contacts que j'ai régulièrement avec Paris, hier avec Solferino, avant hier avec le ministre de l'intérieur... Si je n'existais pas les gens ne m'appelleraient pas, ne me donneraient pas de rendez-vous". Et d'être plus offensif vis à vis de son adversaire : "Le match ne fait que commencer, le mercato va être long. Je ne laisserai pas les montpellierains et l'ensemble de l'Agglomération tomber entre des mains incompétentes et qui signent une médiocrité triomphante".

"Mais si vous êtes là, si le parti socialiste fait attention à moi, si les gens dans la rue me rencontrent et me parlent, c'est parce que quelque part j'ai le peuple" termina t-il. Là où Jean-Pierre Moure était chaleureusement applaudi par une cour de partisans, seules les questions des journalistes vinrent ponctuer le discours. Point d'attachées de presse pour distribuer le discours et la biographie, point de buffets et de poignées de mains de congratulations. A la démonstration de force de son adversaire, Philippe Saurel a préféré l'humilité et la modestie. Est-ce ce qu'attendent les Montpelliérains de leur maire ?