Grand raout ce matin au café Riche pour l'officialisation de la candidature de Jean-Pierre Moure aux municipales.

Montpellier 2014 : Le coup de force de Jean-Pierre Moure

 Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu'ils ont entendu le cri... ou plutôt l'appel de Jean-Pierre Moure. Le président de l'Agglomération de Montpellier devient officiellement aujourd'hui candidat à la candidature socialiste pour les élections municipales de 2014 à Montpellier : "Je pense être le candidat le mieux placé à gauche pour appeler au rassemblement et redonner à cette ville l'ambition qui doit être la sienne. Mais un rassemblement très large aux antipodes de ce qu'est le sectarisme."

C'est un véritable coup de force politique qu'a réalisé Jean-Pierre Moure. Dans ses rangs des acteurs politiques, économiques, culturels et sportifs. De Christian Assaf à Louis Nicollin, de Gabrielle Deloncle à Talaat El Singaby, de Remy Levy à Marcel Salerno ou encore Julie Frêche, Patrice Canayer, Philippe Blain... Le réseau de soutien est vaste et influent.

Offensif et déterminé, il déclame son discours revenant sur son attachement à la ville : "Je me sens profondément Montpelliérain. C'est la ville de mon père. Celle qu'il a quittée précipitamment pour prendre le maquis à 17 ans". Glissant au passage un hommage de circonstance à Stéphane Hessel.

A la terrasse du Café Riche, Jean-Pierre Moure a dressé un portrait de la ville "en léthargie" : "Montpellier tourne au ralenti. Elle a besoin d'un nouvel élan". Il est revenu avec nostalgie tout en images sépia sur la ville de sa jeunesse : "Celle où le dimanche j'allais voir jouer le SOM sur le terrain du Parc à Ballons du côté du Pont-Juvénal tandis que sifflait le petit train jaune".

Avec une bonne partie de la Frêchie derrière lui, il cite en guide l'Imperator et les années passées à ses côtés : "Avec Georges Fêche, durant plus de dix ans, je me suis battu pour un territoire dont Montpellier était la ville centre et nous avons fait de belles choses."

Sa vision actuelle de Montpellier, dont il prend les habitants comme témoins, est celle d'une ville morose presque en ruine : "Une ville qui déprime, c'est une ville qui ne s'aime plus. Et une ville qui ne s'aime plus, c'est une ville qui s'abandonne". A trop tirer le trait, Jean-Pierre Moure joue un jeu dangereux.

Pour résoudre les problèmes (chômage, économie...), l'actuel maire de Cournonsec souhaite "qu'un même exécutif soit à la tête des deux collectivités : la Ville et l'Agglomération". Complétant par une qualité qu'il s'autorise : "un oeil neuf de celui qui ne faisait pas partie de l'exécutif sortant".

Ayant sans doute oublié que c'était son mentor qui avait voulu Odysseum, Jean-Pierre Moure veut redynamiser le centre-ville : "Parfois j'ai le sentiment quand je me balade dans cet Ecusson autrefois si fringuant et animé que son coeur s'est arrêté de battre". C'est pour cela qu'il a tenu à ce que sa candidature se fasse sur la Place de la Comédie et que son QG de campagne s'y installe.

Ce paysage désastreux de Montpellier constitue autant d'attaques à destination des mandats d'Hélène Mandroux qu'il est heureux que ces deux là soit dans le même camp. Jean-Pierre Moure y est d'ailleurs allé de sa petite phrase à l'intention des deux autres candidats : "Je ne viens pas vous proposer un rêve facile, je ne viens pas vous proposer des antidépresseurs. D'ailleurs je ne suis ni anesthésiste, ni dentiste." Provocant l'hilarité et les applaudissements de la foule toute conquise à sa cause.

Reste que ce coup de force de Jean-Pierre Moure ne présage pas des temps sereins au sein du PS montpelliérain. Les militants s'exprimeront à la mi-octobre pour désigner leur candidat officiel. D'ici là, les observateurs de la vie politique devraient bien s'amuser. Pas sûr que cela fasse beaucoup rigoler les montpelliérains.