Guillaume Barbaz alias Skali le « samourider »

Un rider au pays du Soleil Levant


Guillaume Barbaz alias Skali le « samourider »

Guillaume Barbaz alias Skali le « samourider »
Sous le soleil de Montpellier avant le départ pour l’ultime étape du Skali Freestyle Tour : New York


Je pensais voir Guillaume Barbaz arriver en rollers. C’est finalement sur un deux-roues que l’ancien vice-champion du monde de slalom pointe le bout de son nez – plus rapide pour se déplacer dans Montpellier m’avoue-t-il en souriant.

 

 

Récemment, Skali – son surnom de slalomer - a entamé une tournée le Skali Freestyle Tour. Après un passage à Tokyo puis à Paris, il vient prendre un peu de repos à Montpellier avant de s’envoler pour New York afin de clôturer sa fantastique aventure autour du monde. A la terrasse d’un café, il nous parle de sa discipline, de ses espoirs et de ses projets…
 

 

 



Guillaume Barbaz alias Skali le « samourider »

 

 

Vous avez pratiqué un peu tous les sports avant de trouver votre voie. Pourquoi avoir choisi le roller plutôt que le skate ?

J’ai essayé un peu tous les sports mais je me lassais assez vite. A 17 ans, alors que le roller commençait à émerger, j’ai investi dans mes premiers patins. J’ai trouvé des sensations que je n’avais éprouvées dans aucun autre sport. Depuis ce temps, j’ai continué et je me suis spécialisé dans le slalom.

Vous avez la nostalgie du « quad », le premier patin ?

Les  quads  et les rollers en ligne ont chacun leurs atouts. Ils donnent tous les deux de bonnes sensations mais différentes. J’avais pensé à un moment faire une vidéo en quads – pour m’amuser mais aussi pour me tester. Car évoluer en quads demande une technique exigeante là où les nouveaux rollers apportent plus de précision dans le mouvement pour réaliser les variantes d’une figure.

 

 

 

 

 



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Vous vous êtes installé à Montpellier en 1999. Qu’est-ce qui a motivé votre choix ? Le FISE ? 

Quand je suis venu m’installer, le FISE n’en était qu’à sa première année d’existence. Donc, ce n’est pas cette raison qui m’a poussé à venir dans le sud, bien que je sois toujours ravi d’assister en spectateur à l’événement. En fait, je suis originaire de la région parisienne. Je cherchais un lieu qui me donne un bon cadre de vie et qui me permette de pratiquer régulièrement le slalom. J’ai trouvé mon bonheur en m’installant à Montpellier. Cela fait maintenant un peu plus de dix ans que j’habite ici  et je n’imagine pas partir de cette ville.


Vous vous êtes aussi investi dans le milieu associatif montpelliérain…

Avec l’association RIM (Roller in Montpellier), nous organisons une randonnée roller tous les vendredis du mois. On rassemble les principaux clubs de Montpellier, histoire de motiver les troupes. C’est une bonne vitrine de notre discipline. Et ça permet de vivre un moment convivial réunissant les parents et les enfants, les amis, qu’ils soient débutants ou confirmés.

 

 

 

 

 



Guillaume Barbaz alias Skali le « samourider »

 

On a tendance à penser que dans le sport, tout est affaire de don. Cliché ou réalité dans le slalom?

Plutôt cliché. Je ne nie pas que certains slalomeurs aient une facilité déconcertante à exécuter les figures. Robin – ndr : Robin Tessier, champion du monde de roller en catégorie figures slalom -  en est la preuve : il a commencé jeune et a grimpé les échelons rapidement. Mais c’est surtout le travail de répétition qui fait la différence. Et la participation aux compétitions qui permet de progresser rapidement.

 


Quelles sont les qualités requises pour faire du slalom?

Un bon équilibre, une bonne dose de souplesse. Et être assez fin. Car plus votre masse musculaire est importante, moins vous avez de mobilité dans les articulations pour effectuer les mouvements. Moi qui avais fait de la musculation, cela a posé un problème au début. J’ai dû m’astreindre à un autre régime de vie. Je mange maintenant équilibré et bio. C’est à la fois une hygiène de vie et un choix qui sert mon sport.

 

 

 

 

 


Guillaume Barbaz alias Skali le « samourider »

 

Comment se déroule une compétition de slalom?

Tout dépend de la catégorie dans laquelle vous exercez. La formule  classique dite « freestyle slalom » est pratiquée en solo. Pendant 1 mn 30, vous effectuez des enchaînements sur trois lignes composées respectivement de 20 plots, 20 plots et 14 plots et dont l’espacement varie entre 50 cm et 120 cm : l’avantage, c’est que l’on peut contrôler toutes les figures. Maintenant, les jeunes préfèrent les « battles », où deux groupes de deux ou quatre personnes s’affrontent dans des sessions de 30 secondes. Les deux ou quatre meilleurs atteignent la finale. C’est plus moderne, moins stressant qu’être tout seul mais ça demande beaucoup d’improvisation.

 


Quelle figure pourrait qualifier votre style ?

Le compas, sans hésiter. On se retrouve sur la pointe du patin et on tourne autour de cet axe. D’ailleurs, j’ai repris en partie cette idée dans le nom du site www.kompakombo.com

 

 

 

 

 


Guillaume Barbaz alias Skali le « samourider »

 

 

Vous donnez des cours. Quels conseils donneriez-vous aux débutants ?

Bien s’équiper. On a tendance à penser que l’on ne doit pas investir dans du bon matériel tant que l’on se s’implique pas à fond dans un sport. C’est une erreur : de nombreux désagréments comme la casse ou les blessures seraient évitées par le choix de patins et d’accessoires performants comme Powerslide.

 


A quel âge peut-on commencer le slalom ?

On peut commencer les entraînements vers 8-10 ans. Et les compétitions, c’est généralement vers 14/15 ans.  L’avantage de cette discipline, c’est que l’on peut la pratiquer n’importe où : elle n’a pas d’exigence particulière en matière d’équipement comme le skate, où il faut se déplacer jusqu’à Grammont. De plus, ce n’est pas une discipline à hauts risques, ce qui ravit souvent les parents !

 

 

 

 

 


Vous donnez des cours sur Montpellier ?

A ce jour, je donne des cours un peu partout dans l’Hérault mais pas sur Montpellier même car il n’y a pas pour l’instant de lieux adéquats pour s’entraîner à plusieurs. Pour pratiquer le slalom en débutant, il faut trouver un sol relativement praticable. Seule la place de l’Europe répond en partie à ces critères. Et peut être la future place de la Comédie lorsque sa rénovation sera terminée. Nous verrons.

 



Guillaume Barbaz alias Skali le « samourider »

 

 

Vous avez été vice champion du monde IFSA en 2006 et champion du monde de slalom freestyle la même année alors que vous défendiez les couleurs de l’équipe de France de roller skating. Vous ne pratiquez plus la compétition aujourd’hui. Nostalgique ?

Je n’ai pas vraiment le temps d’être nostalgique. J’ai fait de la compétition pendant huit ans, de 2001 à 2009. Ça ne fait donc pas si longtemps que j’ai arrêté – moins d’un an. Si la formule « classique » revenait à la mode, je tenterais à nouveau ma chance. Mais je suis un compétiteur dans l’âme. Si je reprends les entraînements, c’est pour gagner.

Vous n’avez jamais rêvé d’une carrière à la Taïg Khris ?

Nous évoluons dans deux catégories différentes, Taïg Khris et moi. Je suis maintenant trop enfermé dans ma discipline. Ce n’est pas la même technique qui est en jeu ni même le même matériel. Mais, ça reste néanmoins du beau sport.

 

 

 



Qu’est-ce qui manque selon vous pour que le slalom devienne une compétition olympique ?

De gros sponsors et une plus grande visibilité. Quoique l’on commence à voir certaines démonstrations de slalom, comme dans la pub pour Evian avec les bébés. Et que des sites comme skaliweb.com voient le jour.

 


Est-ce vous qui vous occupez de votre site www.skaliweb.com ? D’où vient ce surnom Skali qui est si loin de votre vrai patronyme, Guillaume Barbaz ?

Skali est un surnom que j’ai sur Internet depuis mes années collège. Comme il n’existe pas de vrais centres en France, les slalomers communiquent beaucoup entre eux sur la toile. Ils apprennent généralement de nouvelles figures grâce aux sites comme le mien. Je m’occupe seul de la gestion de skaliweb.com. J’ai récemment investi dans du matériel photographique et une petite caméra pour filmer le Skali Freestyle Tour. J’ai actuellement un peu plus 50 giga de photos et vidéos à trier. J’ai environ 250 personnes qui suivent régulièrement le déroulé des étapes du Skali Freestyle Tour.

 


Vous êtes passé par Tokyo, Rio,  Sao Paolo, Paris et vous partez bientôt pour New York pour clôturer le Skali Freestyle Tour. Comment vous est venue l’idée de ce parcours du combattant ? Pourquoi avoir choisi ces villes ?

Je souhaitais concilier mon goût du voyage, de la photographie et ma passion du slalom. Grâce aux compétitions, j’avais déjà visité de nombreux pays dont la Chine, la Corée. Pour réaliser ce tour, je cherchais des lieux qui rappellent des fonds de carte postale. Le choix des villes, ça été un coup de cœur esthétique et personnel. Je ne m’imaginais pas faire un tour du monde sans passer par Paris. Des amis m’ont invité au Brésil : j’ai saisi l’opportunité.  Quant à Tokyo, c’était pour avoir les cerisiers en fleurs en arrière-plan. Malheureusement, quand j’ai effectué mon voyage, ils n’avaient pas totalement fleuri !

 


Vous avez dû rencontrer des difficultés ?

Il y a eu l’éruption –inattendue- du volcan islandais tout d’abord. Heureusement, il n’a pas eu trop d’incidences sur mon slalom et sur mon parcours. Les autorisations administratives ont pris un peu plus de temps. Heureusement, pour réaliser ma vidéo à Tokyo, j’ai reçu l’aide d’un slalomer japonais que j’avais connu via Facebook. Il a fait toutes les démarches avant mon arrivée afin que je puisse avoir accès aux temples traditionnels. Les sessions ont été intensives car je n’avais que peu de temps pour réaliser parfaitement mes figures. Mais je l’ai fait dans un respect de la culture du pays. Je me suis adapté aux situations. Ainsi,  j’étais habillé de manière « classique » pour me fondre dans le décor au Japon et de manière plus « cool » au Brésil.  Pour Paris, certaines zones, notamment autour de l’Arc de Triomphe sont interdites. J’ai été plusieurs fois expulsé après une ou deux figures ! Et j’ai dû trouver des angles de vue qui ne me mettent pas hors-la-loi.

 


Les gens ne s’arrêtaient pas –t-il pas lors de vos démonstrations ? Ne vous gênaient-ils pas pour réaliser vos vidéos ?

A Tokyo, les gens sont plutôt respectueux du travail. Je n’ai pas eu de problème. A Paris, ça a été différent : il y a beaucoup de passage, notamment autour de l’Arc de Triomphe. Ça m’arrivait de m’arrêter pour faire des petites démos pour que les spectateurs puissent filmer avec leurs propres appareils. Mais ça avait aussi certains avantages : on m’a filmé de derrière ma caméra. C’était super car ça faisait une sorte de making-of de mes séquences.  Je reste généralement une semaine sur le lieu où j’ai choisi de slalomer. Au cas où je ne pourrais avoir les bonnes images du premier coup. Je suis un perfectionniste. Et je dois bien être le seul à me supporter ! Les gens qui m’entourent savent qu’il faut être patient. Car je peux recommencer plusieurs fois une même figure si elle ne me convient pas !

 


Ça n’a pas été trop dur de suivre ce rythme intensif ?


Le rythme a été soutenu avec quatre à cinq journées de récupération. Le problème des sessions trop rapprochées, c’est que je n’ai pas le temps de trouver de nouveaux enchaînements. Généralement, sur un an, on dispose de deux ou trois nouvelles figures que l’on doit beaucoup travailler pour qu’elles paraissent faciles aux yeux du spectateur.
 


Ça ne vous tente pas de travailler un jour pour la pub ?


On m’a déjà contacté par l’intermédiaire d’amis. J’avoue y penser sérieusement puisque je propose ce service sur mon site skaliweb.com. Mais si je devais réaliser des démonstrations pour des pubs, je souhaiterais qu’elles vantent les mérites de produits sains, qui correspondent à mon hygiène de vie.


 

Guillaume Barbaz alias Skali le « samourider »

 

 


Trente ans, c’est l’âge pour se lancer dans de nouveaux projets. Quels sont les vôtres?


Outre la préparation de la dernière étape du Skali Freestyle tour  - New York  en août- et la mise en ligne des vidéos – la vidéo sur Tokyo est déjà en ligne, celle de Paris devrait être postée dans le courant juin, début juillet -, je planche actuellement sur une parodie de la pub d’Evian. Je souhaiterai aussi faire une parodie de western sous forme d’un duel avec références et costumes. Mais cela s’annonce difficile à mettre en place. Et j’ai déjà de nouvelles idées pour une possible seconde édition du Skali Freestyle Tour : j’aimerais rider dans la forêt.
 


Et s’il n’y avait pas eu  le slalom dans votre vie ?


Je vous avoue que je ne sais pas. Bien que la photographie me passionne, je n’envisage pas ma vie sans le slalom. Pour l’instant.