Françoise Renaud

La vie à cent à l’heure d’une passionnée du mot juste

 

Françoise Renaud

 

C’est dans un parc aux allures sauvages situé au cœur de Lavérune que je rejoins Françoise Renaud. Passées les grilles, tout semble calme. Du moins en apparence : car le lieu est en fait en pleine réfection. Entre la médiathèque installée dans un monument historique et les grenouilles classées « espèce protégée »,  Françoise Renaud nage comme un poisson dans l’eau. Pour elle, l’endroit est bien plus qu’un simple moyen d’échapper quelques heures à la « solitude de la chambre » imposée à l’écrivain : il est le symbole d’une communauté qui a pris conscience de la richesse de son patrimoine et du potentiel de ses auteurs locaux, groupe  marginalisé auquel elle appartient depuis plus de 10 ans déjà. Un statut et une notoriété qu’elle a dû conquérir.

 


Rien n’était joué en effet pour cette bretonne au franc parler et à la plume alerte. Née à Pornic, la petite Françoise Renaud a décidé dans un premier temps de se tourner vers des études scientifiques !  Pourtant, c’est bien la littérature qui berce son enfance, la lecture étant « une des seules choses que l’on pouvait faire à Pornic le soir quand j'étais petite », souligne-t-elle malicieusement. Les années passant, la jeune fille devenue jeune femme hésite toujours à se lancer, malgré un goût évident pour l’écriture et les encouragements appuyés de ses proches. Elle choisit l’enseignement. Mais, au bout de quelques années, la passion l’emporte. Elle  s'aménage des plages horaires pour écrire. Son premier livre, l’Enfant de ma mère, est publié aux éditions C.L.C en 1997. La première étape est franchie.

Suivent Femmes dans l'herbe,  Le regard du père et autres livres intimistes, où l’auteur cherche à trouver le mot juste pour toucher son public. Un pari réussi puisqu’elle est aujourd’hui reconnue pour son style. Sollicitée par d’autres artistes, invitée chaque année à des manifestations culturelles - dont la Comédie du livre – se déroulant à Montpellier, elle publie aujourd'hui « L’autre versant du monde »,  dont  l’écriture, à mi-chemin entre la précision d’Annie Ernaux et  la force évocatrice de Marguerite Duras, enchantera ses lecteurs.