Le rappeur Blacko, ex-membre du groupe Sniper, sera en concert demain, samedi 7 février, à l'Antirouille. En première partie, A2H, rappeur français inspiré par la scène américaine et T Kimp Gee.

Blacko à l'Antirouille

Les pieds sur le bitume et la tête dans les étoiles, Blacko est un artiste à part. Il a pour ainsi dire inventé son propre style, entre rap et reggae, hip hop et dancehall, flow et chant. Après un retour aux sources salvateur, il est désormais prêt à s’offrir une nouvelle jeunesse avec un EP aussi lourd que le poids de ses lyrics enfumés. Faya !
Avec ses longues dreadlocks noires et son charisme naturel, Karl Appela, alias Blacko, peut se targuer d’une carrière exemplaire. Celui qui a commencé en traînant ses guêtres dans les sessions « open-mic » du 9.3. de son enfance, Montfermeil, là où il a grandi en Seine-Saint-Denis, a connu un parcours mouvementé. Un chemin semé d’embûches, avec de nombreux hauts, notamment l’énorme succès commercial (disques d’or et Zéniths complets à l’appui) de son groupe de l’époque, Sniper, mais aussi quelques bas, comme cet accident de scooter qui a failli lui coûter la vie en 2009. Aujourd’hui, c’est avec le sourire qu’il se rappelle de cette époque difficile : « J’ai eu deux accidents de bécane en une semaine. On m’a refait un quart du visage. J’avais un casque semi-intégral et il s’est explosé dans ma tête. J’ai du rester chez moi pendant six mois, du coup j’ai écrit. J’ai eu envie de faire un disque un peu spirituel ». En résulte Enfant du Soleil, un album reggae-roots mis en ligne gratuitement. « Ce n’est pas que je n’aimais plus le rap, j’ai commencé ma carrière en faisant du rap, mais j’avais envie de faire du reggae. C’est la musique que je préfère, donc j’avais envie d’une expérience dans ce style là ».
Ce « choc » physique et artistique permet à l’artiste de se remettre en question et de se redécouvrir en tant que personne. « J’avais besoin de prendre du recul. Dans la vraie vie je m’appelle Karl Appela. Je n’ai aucune formation à part la musique, j’ai arrêté l’école à 16 ans ! Ma formation professionnelle c’est ’1, 2 check le mic !’ ». C’est d’ailleurs avec quelques regrets que le « MC Reggaeman » se rappelle de ses débuts : « Ma conseillère d’orientation m’a fait une désorientation : elle m’a envoyé dans l’ébénisterie. Je n’ai pas compris ce qu’il se passait. J’ai pris la décision d’arrêter, et de me consacrer uniquement à la musique ». Quinze ans plus tard, il n’a pas changé, c’est toujours le même Blacko « à l’ancienne mais avec le mental d’un mec de son âge ! ». À 35 ans et père de famille, il se considère désormais trop vieux pour raconter des histoires. « Je chante ce que je ressens, ce que je pense, parce que l’on ne vit qu’une fois. La vie est trop courte pour jouer un rôle. Si demain tu prends un bus dans la gueule, tu seras mort dans quel film ? ». Il insiste : «Je ne me considère pas comme un rappeur. Je suis un griot. Un slammeur bizarre. Je n’ai même pas le terme. Mais un rappeur aujourd’hui, c’est trop de clichés : la voiture de sport, le cul qui remue à gauche, le flingue à droite… Ce n’est pas moi ça ! ».
Ce nouveau projet, c’est donc un peu le meilleur des deux mondes, couvrant tous les spectres de sa carrière, allant du Black Renega, pointure rapologique, jusqu’à l’Afrikaf, ambianceur reconnu dans les meilleurs sound-systems. Soit la musicalité et l’énergie du hip hop additionnées à la sagesse et aux émotions transmises dans le reggae.

À 19h30 à l'Antirouille
Prix des places : 15,80 €.