Une association en faveur de l'utilisation des logiciels libres organise des opérations de saisies de données a travers la ville pour déterminer l'accessibilité des magasins aux personnes à mobilité réduite.

Une cartopartie en aide aux handicapés

Depuis janvier 2012, l'association Montpel-libre organise à travers la ville des « cartoparties ». Ces opérations consistent à saisir les données dans chaque quartier pour déterminer l'accessibilité des magasins aux personnes à mobilité réduite. Elles sont organisées en partenariat avec la ville de Montpellier, la FRUL et la communauté local d'OpenStreetMap. Ce site est l'équivalent de Google map version « logiciel libre » (c'est à dire où chacun peut contribuer et réutiliser les données à condition de s'inscrire).

Première étape :
Les volontaires sillonnent l'un des quartiers de la ville pour repérer tous les commerces. Les participants s'arrêtent devant chaque magasin, mesurent la largeur des portes et la hauteur des seuils. Si la hauteur est supérieure à 5 cm, les participants cochent "inaccessible". Toutes les données sont inscrites sur une feuille avec le nom des magasins, leurs coordonnées, le type de commerce et bien sûr les caractéristiques techniques.

Deuxième étape :
« La saisie-partie », qui se tient dans l'arrière-salle de Kawenga (un espace numérique de travail), situé boulevard Louis-Blanc. Les volontaires vont récupérer toutes les données pour les rentrer sur OpenStreetMap. La dernière « saisie-partie » a eu lieu mardi dernier de 14h à 19h et concernait les quartiers Mosson, Haut de Massane et Celleneuve. En début d'après-midi, un petit groupe composé de deux retraités et d'un étudiant s'installe tranquillement. Ça discute et boit le café avant de commencer le travail. Pas de panique, ils ont jusqu'au début de la soirée pour terminer leur tâche.

La saisie-partie s'est déroulée en présence de Pascal Arnoux, président de Montpel-Libre et Michel Heywang, directeur de Handicape 34, deux ardents défenseurs du logiciel libre, et chargés d'en réaliser la promotion à travers leur association respective.

«J'ai connu l'opération en lisant les journaux. J'ai vu une petite annonce qui parlait de la cartopartie. J'ai regardé ce que c'était et qu'il y avait un rapport avec OpenStreetMap pour lequel je suis contributeur depuis 2 ou 3 ans » explique Jacques 66 ans. Son compagnon du même âge ajoute que cette opération concerne aussi « les mamans avec poussette ou les personnes âgées ».

Sellou Diallo, étudiant en SIG (système d'information géographique), a aussi connu l'opération en tant que contributeur à OpenStreetMap. Il participe depuis « à toutes les cartoparties, notamment la saisie, sauf une fois». Il estime qu'environ 60 à 70 % des magasins sont accessibles aux handicapés « bien que des fois, ils respectent la hauteur de la marche, mais les toilettes ne sont pas accessibles aux handicapés » nuance-t-il.

Ce type d'opération s'inscrit dans la philosophie de l'Open Data qui consiste à fournir des "données ouvertes" accessibles à tous sur des sites en "logiciel libre" tel que OpenStreetMap. Les internautes peuvent ensuite récupérer ces données et les réutiliser ou les transformer sur un autre site. En effet, OpenStreetMap se limite à une carte avec des logos. « Les gens veulent voir des photos, des cheminements, des vidéos... bref quelque chose de plus élaboré, de plus esthétique » précise Pascal Arnoux. Par ailleurs, la prochaine Rencontre Mondiale du logiciel libre se tiendra à Montpellier du 5 au 11 juillet 2014.

Les résultats de la dernière cartopartie sont disponibles ici.